Souscrivez maintenant pour un accès ininterrompu. Découvrez le contexte derrière chaque histoire pour 1,99 € par mois.

Trois toques françaises posent leurs couteaux à Marrakech, et il ne reste que quelques places

ENVIES

Photo de l'auteur

À la tombée du jour, quand la lumière ocre de Marrakech commence à rosir sur les murs de la médina, on imagine déjà la…

Trois toques françaises posent leurs couteaux à Marrakech, et il ne reste que quelques places

À la tombée du jour, quand la lumière ocre de Marrakech commence à rosir sur les murs de la médina, on imagine déjà la scène : une table dressée pour une poignée de convives, le bruit feutré d'une cuisine qui s'active derrière une porte close, et trois noms qui ne se croisent presque jamais sur le même menu. Du 6 au 8 octobre, Emmanuel Renaut, Olivier Nasti et Pierre Hermé signent chacun un dîner à Marrakech, trois soirées distinctes, trois écritures culinaires, un même désir de rareté.

On connaît Emmanuel Renaut pour son triple étoile aux Flocons de Sel, à Megève, cette cuisine de montagne où le terroir savoyard devient presque abstrait tant il est sublimé. Olivier Nasti, lui, incarne une autre France, celle de l'Alsace gastronomique, entre gibier, épicéa et précision chirurgicale. Quant à Pierre Hermé, il n'est plus tout à fait un pâtissier depuis longtemps : c'est un architecte du goût, celui qui a fait de la pâtisserie française un langage international. Les réunir à trois, sur trois soirs, dans un même lieu marocain, relève déjà d'un petit exploit d'agenda.

Mais ce qui rend l'événement réellement confidentiel, ce n'est pas seulement la réunion de ces trois signatures. C'est le nombre de couverts. Très peu, dit le communiqué, sans autre précision chiffrée, et c'est bien là que se joue toute la tension du rendez-vous : une jauge volontairement resserrée, pensée pour l'intimité plutôt que pour l'affluence. Pas de salle comble, pas de flash, pas de foule. Trois dîners pensés comme des pièces uniques, où chaque chef imprime sa patte sans dilution, sans compromis de volume.

On imagine sans peine ce que peut donner un menu Renaut sous cette lumière marocaine, les agrumes locaux venant peut-être dialoguer avec sa précision montagnarde. On imagine Nasti composer avec des épices qu'il ne manipule jamais chez lui, en Alsace. Et Pierre Hermé clore ces soirées sur une note sucrée qui, comme toujours chez lui, cherchera moins à rassurer qu'à surprendre. Rien de tout cela n'est encore confirmé dans le détail des assiettes, mais l'intention, elle, est limpide : offrir à Marrakech trois moments de haute gastronomie française, pensés pour ne toucher qu'un cercle très restreint.

C'est ce format resserré qui rend l'alerte nécessaire. Les événements de ce type, quand ils sont bien pensés, ne s'annoncent pas deux fois. Ils se réservent en silence, entre initiés, et affichent complet bien avant que la rumeur n'ait eu le temps de circuler dans les cercles habituels. Trois soirs, trois chefs, et une poignée de tables : l'équation est simple, mais elle joue contre le temps.

Reste une question, presque plus intéressante que le menu lui-même : que devient une cuisine française d'exception quand on la déplace, le temps d'un week-end, sous un ciel marocain ? La réponse ne se lira pas dans un communiqué de presse. Elle se goûtera, du 6 au 8 octobre, par ceux qui auront su réserver à temps.

Photo : © La Mamounia

Partagez l'article

Recommandé pour vous

Découvrez les tendances ...

abonnement magazines
L'Édito
Créer un compte

En soumettant mes informations, j'accepte la Politique de confidentialité et Conditions d’utilisation.

Vous avez déjà un compte ?
L'Édito
Se connecter

En soumettant mes informations, j'accepte la Politique de confidentialité et Conditions d’utilisation.

Vous n’avez pas de compte ?