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Sabrina Carpenter apprend les pas de Ginger Rogers

CULTURE

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Entre parquet ciré et Art déco, Sabrina Carpenter pourrait chausser les talons légendaires de Ginger Rogers.

Sabrina Carpenter apprend les pas de Ginger Rogers

Un plancher ciré, deux silhouettes qui glissent en miroir, une robe qui se soulève comme un souffle retenu. C'est l'image que le cinéma a gravée depuis les années 1930, celle du couple Astaire-Rogers, glissant sur l'écran avec une légèreté qui donnait à croire que danser n'exigeait aucun effort. Cette légèreté, il a fallu des années de répétitions et des chaussures usées jusqu'à la corde pour l'obtenir. C'est peut-être ce paradoxe, entre grâce apparente et discipline de fer, qu'un futur biopic consacré à Fred Astaire s'apprête à raconter.

Le nom qui circule pour incarner Ginger Rogers n'est pas anodin : Sabrina Carpenter, révélée par la pop avant de s'aventurer devant les caméras, serait pressentie pour rejoindre le projet aux côtés de Tom Holland, lui-même annoncé dans le rôle du danseur et acteur américain. Le choix a de quoi faire lever un sourcil, dans le bon sens du terme. Carpenter porte une présence scénique construite sur scène, un sens du timing comique et une aisance devant l'objectif qui ont déjà séduit au-delà du monde de la musique. Rogers, elle, fut bien plus qu'une partenaire de danse : actrice à part entière, oscarisée, capable de faire aussi bien rire que pleurer un public dans les mêmes deux heures de film. Lui confier ce rôle, c'est parier sur une autre facette de Carpenter, celle qu'on n'a pas encore vue.

Le projet reste à ce stade une annonce de casting, sans date de tournage ni de sortie communiquée. Mais dans un Hollywood qui multiplie les biopics musicaux depuis quelques années, celui-ci a quelque chose d'à part : il ne s'agit pas de raconter une seule icône, mais un duo, une alchimie, une époque entière du cinéma américain où le steppe et le smoking tenaient lieu de langage amoureux. Recréer cela demande plus qu'un ressemblance physique. Il faudra apprendre les appuis, le rythme, la manière dont Rogers dansait en talons ce qu'Astaire dansait en mocassins, souvent à reculons, comme elle le rappelait elle-même avec un sourire.

Pour les lecteurs habitués aux podiums et aux flashs plus qu'aux plateaux de tournage, l'affaire mérite qu'on s'y attarde. Un tel film, s'il tient ses promesses, s'annonce comme un terrain de jeu costumier immense : robes fluides des années 1930, smokings taillés au cordeau, une garde-robe entière à réinventer sans jamais trahir l'élégance Art déco de l'époque. De quoi nourrir, bien avant le premier jour de tournage, les conversations des maisons de mode qui aiment habiller le cinéma autant que les podiums.

Reste à savoir si Carpenter saura retrouver, sous les projecteurs d'un plateau plutôt que d'une scène de concert, cette désinvolture précise que Rogers portait comme une seconde peau. La réponse se jouera sur un parquet, entre deux pas comptés, longtemps avant que le générique n'apparaisse.

Photo : © Getty Images

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