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Ladybug fait sa rentrée dans une école de mode parisienne

MODE

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Quand l'univers pop de Ladybug rencontre le savoir-faire couture des étudiants d'Esmod Paris.

Ladybug fait sa rentrée dans une école de mode parisienne

Un masque rouge à pois noirs posé sur une table à dessin, à côté d'un patronage encore couvert d'épingles. L'image a de quoi surprendre dans un atelier de couture habitué aux drapés et aux toiles de coton écru. Et pourtant, c'est exactement la scène que préfigure l'annonce venue de Miraculous : la franchise d'animation, portée depuis plus d'une décennie par les aventures de Ladybug et Chat Noir, s'associe à Esmod Paris pour une ligne mode. Un partenariat qui, sur le papier, n'avait rien d'évident.

D'un côté, un univers pensé pour les enfants, décliné en séries, en jouets, en produits dérivés aux quatre coins du monde. De l'autre, une école qui forme depuis des générations des créateurs destinés aux podiums et aux ateliers des grandes Maisons. Les deux mondes ne se croisent jamais, ou presque. C'est cette collision qui rend l'initiative intéressante à observer, bien avant qu'elle ne s'impose dans les rayons ou sur les réseaux.

Car ce que raconte ce rapprochement dépasse le simple produit dérivé. Il dessine une manière différente de penser la mode destinée aux plus jeunes, pas comme un prolongement marketing d'une licence, mais comme un exercice de style confié à des mains encore en formation. Les étudiants d'Esmod Paris, habitués à travailler sur des collections conceptuelles ou des commandes de Maisons établies, se retrouvent ici face à un cahier des charges d'un tout autre ordre : traduire un imaginaire pop, coloré, immédiatement reconnaissable, en vêtements portables, sans perdre ni l'un ni l'autre en chemin.

L'exercice n'est pas anodin pour une école. Derrière le nom de Miraculous se cache une base de fans considérable, habituée à une identité visuelle très codifiée, du rouge vif aux silhouettes stylisées. Composer avec ce cahier des charges tout en conservant une vraie exigence de construction, de matière, de coupe, voilà le genre de terrain où se mesure le savoir-faire d'une école de mode. On imagine les ateliers, les essayages, les discussions sur la bonne nuance de rouge, la tenue d'un tissu, la manière de suggérer un masque sans tomber dans le costume de fête foraine.

Le projet, encore à ses débuts, n'a pas livré ses pièces au grand public. Ni défilé annoncé, ni date de sortie communiquée à ce stade. Mais la direction qu'il esquisse mérite qu'on s'y attarde : celle d'un merchandising pédagogique, où une licence mondiale accepte de se laisser réinterpréter par une génération d'étudiants plutôt que de se contenter d'un simple logo apposé sur un tee-shirt. Une manière, aussi, pour une école de mode de muscler son rayonnement en sortant du cercle fermé des professionnels du secteur pour toucher un public bien plus large, biberonné à la pop culture plutôt qu'aux podiums.

Reste à voir ce que donneront, une fois cousues, ces silhouettes entre super-héros et savoir-faire français. Si l'époque a définitivement acté que la mode et les licences d'animation pouvaient se parler sans se trahir, Miraculous et Esmod viennent peut-être d'en écrire le premier chapitre sérieux. À suivre, aiguille à la main.

Photo : Charlota Blunarova / Unsplash

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