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Dix voix inconnues bientôt sur la scène des Business Angels parisiens

CULTURE

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Trois minutes pour convaincre : dix startups face aux Business Angels parisiens, le 19 novembre.

Dix voix inconnues bientôt sur la scène des Business Angels parisiens

Novembre à Paris commence toujours par une lumière particulière, plus basse, plus dorée sur les façades haussmanniennes. C'est dans cette lumière-là, le 19 novembre, que dix jeunes entreprises françaises monteront sur une scène pour raconter, en trois minutes chacune, ce qu'elles ont construit et ce qu'elles espèrent devenir. Puis cinq minutes de questions, et le silence d'une salle qui décide. L'événement s'appelle l'Innovation Pitch Night. Il est organisé par Paris Business Angels, un réseau qui depuis 2004 met en relation entrepreneurs et investisseurs privés, avec cette exigence propre à l'amorçage : repérer tôt, parier juste, accompagner longtemps.

Le principe reste d'une sobriété presque théâtrale. Pas de show, pas d'effets. « L'enjeu n'est pas le spectacle. Ce qui nous intéresse, c'est la solidité des projets », prévient Olivier Baroux, le président du réseau. Un fondateur ou une fondatrice, un temps de parole compté, et une salle qui écoute avant de décider si elle croit à l'histoire. C'est là tout l'enjeu d'un pitch : convaincre en quelques minutes ce qu'un business plan met des semaines à démontrer. Les deux cents membres de PBA connaissent la mécanique par cœur. Chaque année, ils épluchent environ deux mille dossiers, en font pitcher soixante à quatre-vingts, et n'en financent qu'une dizaine, avec un ticket moyen de 350 000 à 400 000 euros. Soixante millions investis en vingt ans, deux cent dix startups, plus de la moitié hors d'Île-de-France.

Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 16 octobre. Le réseau cherche des entreprises françaises en préamorçage ou en amorçage, qui lèvent entre 500 000 et 5 millions d'euros, dans l'intelligence artificielle, la deeptech, la santé, l'industrie, la fintech ou l'impact. Dix seront retenues. Trois prix seront remis ce soir-là, un Grand Prix, un Coup de Cœur et un Prix du Public, décernés par un jury où siègent, aux côtés des business angels, des partenaires comme Bpifrance, le Medef, Le Village by CA, la Banque des Startups de LCL ou Women in Tech. Les lauréats gagnent surtout ce qui ne s'achète pas : un accès direct aux sessions de pitch de PBA, ce filtre que moins de 4 % du flux annuel franchit, un mentorat, une visibilité.

Ce filtre a quelque chose de cruel et de nécessaire à la fois. Il sépare les idées qui existent sur le papier de celles qui savent déjà se tenir debout devant un public d'investisseurs. Ce que L'EDITO trouve à ce rendez-vous, ce n'est pas tant l'issue du concours que ce moment suspendu où personne, dans la salle, ne sait encore qui deviendra une référence dans cinq ans et qui restera une note de bas de page. Les grandes réussites entrepreneuriales françaises ont presque toutes eu, un jour, cette scène-là : une salle plus petite qu'espérée, un public d'inconnus à convaincre, une main qui tremble légèrement en tenant la télécommande du diaporama. On oublie souvent que les fortunes se jouent d'abord dans ces pièces sans lustre, bien avant les couvertures de magazines et les levées à sept chiffres.

Cette configuration ressemble, toutes proportions gardées, à un casting. Sauf qu'ici, le rôle à décrocher n'est pas un premier rôle au cinéma mais une place dans le paysage économique français de demain. Dix candidats, une seule soirée, et des investisseurs qui, en écoutant, cherchent moins la perfection que l'obsession : celle qui pousse quelqu'un à fonder une entreprise plutôt qu'à en rêver simplement.

Le 19 novembre, quelque part à Paris, dix personnes retiendront leur souffle avant de prendre la parole. On ne saura sans doute que dans quelques années lesquelles de ces voix auront changé quelque chose. Mais ce soir-là, pour trois minutes chacune, elles auront toute la salle.

Olivier Baroux, président de Paris Business Angels — illustration © Maddyness

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