Souscrivez maintenant pour un accès ininterrompu. Découvrez le contexte derrière chaque histoire pour 1,99 € par mois.

Cinquante chevaux et une fosse d'orchestre sous le même chapiteau

SORTIR / AGENDA

Photo de l'auteur

Cinquante chevaux, un orchestre live : Les Folies Gruss réinventent le spectacle équestre jusqu'au printemps.

Cinquante chevaux et une fosse d'orchestre sous le même chapiteau

Un cheval qui danse ne ressemble à rien d'autre. On remarque cette suspension du sabot juste avant qu'il ne touche le sol, cette crinière qui retombe en rythme, et puis la musique, jouée en direct, qui semble naître du mouvement lui même plutôt que de l'accompagner. C'est cette image, presque irréelle, que convoque Les Folies Gruss, le nouveau spectacle qu'Alexis Gruss présente sous chapiteau et qui tient l'affiche jusqu'à la fin du mois de mars 2027.

Le nom Gruss appartient à l'histoire du cirque français depuis plusieurs générations, et c'est cette filiation qui donne au projet son épaisseur. Ici, pas de promesse d'exotisme ni d'acrobaties tapageuses : le pari est ailleurs, dans la rencontre entre l'art équestre, la comédie musicale et la musique jouée en live par un orchestre. Cinquante chevaux évoluent sur la piste, dressés avec une précision qui tient autant du geste chorégraphique que du savoir faire équestre transmis depuis l'enfance. On est loin du tour de piste traditionnel : la structure narrative emprunte à la comédie musicale, avec ses scènes enchaînées, ses tableaux, son souffle dramatique. Le cheval devient acteur, presque danseur, et le dresseur se fait metteur en scène d'un ballet où rien n'est laissé au hasard.

Ce qui distingue Les Folies Gruss, c'est justement ce refus du spectacle jetable, consommé en une soirée et vite oublié. La tenue dans la durée, jusqu'à fin mars, inscrit le projet dans le temps long d'une saison entière plutôt que dans celui, plus étroit, d'un événement ponctuel. Une manière aussi de s'adresser à un public qui cherche une sortie familiale qui ne sacrifie rien à l'exigence artistique : ni la musique, jouée par de vrais musiciens et non diffusée en bande son, ni le travail équestre, qui demande des mois, parfois des années, de dressage patient.

Il faut imaginer les coulisses avant l'entrée en piste : les palefreniers qui vérifient chaque harnachement, les chevaux qui patientent dans la pénombre des écuries mobiles, l'orchestre qui s'accorde pendant que les premiers spectateurs s'installent sous la toile. Ce moment suspendu avant le lever du rideau, si particulier au cirque, prend ici une dimension supplémentaire : celle d'un rendez vous que l'on sent conçu pour durer, pensé comme une proposition culturelle à part entière plutôt que comme un simple divertissement de vacances scolaires.

Reste une question de calendrier, presque stratégique. Se positionner dès l'automne, avant la ruée des congés de Noël et des vacances d'hiver, c'est aussi s'offrir le luxe d'un chapiteau moins bondé, d'une expérience plus intime avec cinquante chevaux qui, eux, ne connaissent pas la notion de haute saison. Ils seront là, fidèles au rendez vous, jusqu'à ce que le printemps vienne clore la parenthèse.

Photo : Compagnie Alexis Gruss

Partagez l'article

Recommandé pour vous

Découvrez les tendances ...

abonnement magazines
L'Édito
Créer un compte

En soumettant mes informations, j'accepte la Politique de confidentialité et Conditions d’utilisation.

Vous avez déjà un compte ?
L'Édito
Se connecter

En soumettant mes informations, j'accepte la Politique de confidentialité et Conditions d’utilisation.

Vous n’avez pas de compte ?