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Chez Dsquared2, le sacré porte des baskets

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Un chapelet en guise de collier, un cœur transpercé d'une dague imprimé sur une chemise tropicale, des angelots cloutés…

Chez Dsquared2, le sacré porte des baskets

Un chapelet en guise de collier, un cœur transpercé d'une dague imprimé sur une chemise tropicale, des angelots cloutés sur un jean. Pour le printemps 2027, Dean et Dan Caten ont convoqué l'église, le rap et les années 1980 dans une même image, et le résultat ne cherche pas à être sage.

Cette saison, les jumeaux ont renoncé au grand show pour des rendez-vous plus intimes en showroom. Mais la discrétion n'est pas leur langue : ils ont tapissé leur siège milanais d'images géantes de leur lookbook, shooté dans une villa près du lac de Côme. Le décor mental, lui, file vers la Sicile et le Sud de l'Italie, avec un clin d'œil appuyé au Roméo + Juliette de Baz Luhrmann. Leur Leonardo DiCaprio s'appelle Promessa, rappeur italien qui incarne le héros un peu voyou de cette histoire.

Le vocabulaire est celui du sacré détourné : croix, médailles, images pieuses épinglées aux revers des vestes, napperons au crochet qui rappellent les nappes d'autel des églises du Sud. Face à cette pureté de première communion, le profane s'invite partout : lingerie apparente, dentelle incrustée dans des pantalons, ceintures intérieures retournées à l'extérieur, sous-vêtements qui dépassent de jeans taille basse. Tout est mis à l'envers, littéralement.

La critique a salué l'audace tout en notant une collection inégale, plus convaincante côté homme que côté femme. Mais chez Dsquared2, la mesure n'a jamais été le sujet. La maison vend une attitude autant que des vêtements, et cette saison, l'attitude est celle d'une jeunesse qui porte ses symboles comme des bijoux, sans demander la permission.

Reste à savoir si ce mélange de chapelets et de swagger débordera des podiums vers la rue. Vu la vitesse à laquelle les croix reviennent dans les vestiaires, le pari n'a rien de blasphématoire.

Photo : © Dsquared2

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