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La doudoune de Castelbajac s'invite dans la boîte de Barbie

MODE

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Sous le cellophane, Barbie et Ken s'offrent une doudoune Castelbajac, avant-goût d'une révélation attendue samedi.

La doudoune de Castelbajac s'invite dans la boîte de Barbie

Un rectangle de carton rose, une fenêtre en plastique transparent, deux silhouettes figées dans une posture qu'on reconnaîtrait entre mille. Sauf que cette fois, sous le cellophane, Barbie et Ken portent du Castelbajac. Une doudoune. Matelassée, graphique, immédiatement identifiable, de celles qui ont fait la signature du couturier depuis les années 80, quand il transformait des Aztèques, des Massaï et des personnages Disney en motifs pour anoraks XXL.

L'information circule depuis le début de la semaine dans les cercles parisiens qui gravitent autour de la Fashion Week : Mattel Creations, la division de la marque dédiée aux collaborations les plus pointues, a choisi Jean-Charles de Castelbajac pour habiller ses deux figures les plus iconiques. Deux poupées, deux doudounes, une esthétique pop qui ne doit rien au hasard. Castelbajac a construit toute sa carrière sur cette idée que la mode pouvait se raconter comme une bande dessinée, en aplats de couleurs et en symboles reconnaissables au premier regard. Un langage qui, sur le papier déjà, semblait taillé pour Barbie et Ken.

La pièce elle-même n'a pas encore livré tous ses secrets. Les visuels dévoilés en exclusivité pendant la Fashion Week parisienne laissent deviner une doudoune fidèle aux codes de la maison, sans que l'ensemble de la collection Mattel Creations ait été montré dans son intégralité. Le grand dévoilement est annoncé pour samedi, et c'est ce qui donne à ces premières images leur charge particulière : celle d'un teaser, d'un fragment qu'on inspecte avant l'heure, comme on regarde par l'entrebâillement d'une porte d'atelier.

Ce qui se joue derrière cette collaboration dépasse le simple objet collector. Castelbajac appartient à cette génération de créateurs français qui ont toujours refusé la frontière entre la mode et la culture populaire. Ses vestiaires ont habillé le pape Jean-Paul II comme des rappeurs, des évêques comme des icônes de MTV. Habiller Barbie, figure de plastique la plus commentée du XXe siècle, relève presque d'une continuité logique pour un homme qui a toujours considéré le vêtement comme un signe avant d'être une matière. Ken, lui, hérite d'une version masculine du même geste, preuve que la maison ne traite pas la poupée comme un simple faire valoir du duo.

Mattel Creations a l'habitude de ces alliances entre patrimoine du jouet et grandes signatures de la mode, mais le choix de Castelbajac, en plein cœur de la semaine parisienne, envoie un signal plus net. Celui d'un jouet qui devient objet de désir au même titre qu'un sac ou qu'un manteau, collectionné, exposé, photographié sous tous les angles avant même sa sortie officielle.

Samedi, les silhouettes complètes seront révélées, avec l'ensemble des looks imaginés pour l'occasion. D'ici là, il reste cette image tronquée, cette doudoune entrevue à travers une fenêtre en plastique, et cette question qui traverse déjà les réseaux de la mode parisienne : combien de temps avant que ces deux boîtes ne deviennent, elles aussi, une pièce de collection.

Photo : © Mattel

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