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Glenn Martens a quitté Diesel comme on quitte une fête

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Des gémissements sur un remix de « Love to Love You Baby » de Donna Summer, des corps qui s'enlacent dans les gradins…

Glenn Martens a quitté Diesel comme on quitte une fête

Des gémissements sur un remix de « Love to Love You Baby » de Donna Summer, des corps qui s'enlacent dans les gradins, des invités qui ne savent plus s'ils doivent regarder le podium ou leurs voisins. Le 22 septembre, à Milan, Glenn Martens a présenté sa dernière collection pour Diesel, et personne n'a pu dire qu'il était parti sur la pointe des pieds.

Le décor était celui d'un club construit pour l'occasion. Pendant que défilaient les soixante-quatorze silhouettes, les danseurs du collectif marseillais (LA)HORDE, glissés parmi le public, ont transformé peu à peu le show en une fête de plus en plus débridée. Sur le podium, les vêtements suivaient le même mouvement : d'abord le denim et le cuir travaillés jusqu'au trompe-l'œil, des jeans qui étaient en réalité du cuir laséré, des vestes hybrides mi-camionneur mi-polo, puis des tenues de plus en plus minimes, jusqu'aux robes de denim effiloché qui ressemblaient à de la dentelle. Clin d'œil final pour les initiés : le dernier passage était porté par Ella Snyder, qui avait déjà ouvert son tout premier défilé pour la marque.

Ce départ ferme un cycle singulier. Quand Glenn Martens a pris la direction artistique de Diesel, la marque traînait une image datée, coincée entre nostalgie des années 90 et jeans premier prix. Il en a fait autre chose : un territoire où le denim devient matière noble, où le mauvais goût assumé se transforme en manifeste, où une robe peut naître d'un jean déchiré sans jamais perdre en élégance. Ce grand écart entre vulgarité revendiquée et couture presque architecturale a redonné à Diesel une place dans les conversations de mode qu'on ne lui accordait plus depuis longtemps. Les défilés sont devenus des événements qu'on ne rate pas, les silhouettes des objets qu'on commente, qu'on aime ou qu'on déteste, mais jamais qu'on ignore.

Reste la question qui occupe désormais tout le milieu : qui pour lui succéder. Aucun nom n'a encore été officialisé, et il serait malhonnête d'en avancer un ici. Le groupe OTB a l'habitude de miser sur des profils capables de conjuguer signature forte et sens du système, quelqu'un qui saura nourrir le désir critique que Martens a créé tout en le traduisant en collections qui se vendent.

Quant à Glenn Martens, il ne s'éloigne pas de la mode, il se recentre. Après un an et demi à mener de front deux maisons du groupe, il se consacre désormais entièrement à Maison Margiela, à Paris. Un choix qui dit quelque chose du moment : à l'heure où chaque directeur artistique est scruté saison après saison, choisir un seul territoire devient presque un luxe. Le prochain rendez-vous est d'ailleurs tout proche, puisque Margiela défile le 29 septembre à Paris.

À Milan, les lumières se sont éteintes sur une dernière étreinte. Diesel entre maintenant dans cette zone suspendue où une maison attend de savoir à qui elle va ressembler.

Photo : © Design Scene

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